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avril 11, 2011 / matthieuhenguely

WikiLeaks, du journalisme?

 

L’action de WikiLeaks, est-elle du journalisme à proprement parler ? Voilà une question qui a beaucoup fait écrire depuis environ une année et les publications réitérées du site lanceur d’alertes. Voici donc un florilège de ce qu’en ont écrit les mieux placés pour définir ce qu’est le journalisme : les rédacteurs eux-mêmes.

 

Du journalisme

C’est ce que WikiLeaks aimerait être. A témoin, leur homepage avec la mention « our journalists » (nos journalistes, voir l’image ci-dessus).

Cette thèse est aussi présente dans le documentaire « WikiLeaks : enquête sur un contre-pouvoir », de Luc Hermann et Paul Moreira (lien Youtube dès 8mn 23s). Et particulier un épisode qui y est décrit : la fameuse vidéo de l’attaque de civils irakiens par un hélicoptère US connue sous le nom « Collateral Murder ».

Ils feront là du véritable travail journalistique, appuyé par  un journaliste d’investigation islandais Kristinn Hrafnsson : Visionner comprendre, traduire le jargon militaire des pilotes avant de publier la vidéo. Bref, la rendre lisible.

Donc, si WikiLeaks ne fait pas toujours du journalisme à proprement parler, on peut identifier quelques moments où c’est vraiment le cas.

 

Du datajournalisme

Pour l’hebdomadaire français L’Express, WikiLeaks relève du « datajournalisme » ou journalisme de données. « Atout ? L’exhaustivité. Comment mettre en ligne, et rendre visible, des milliers d’informations ? », écrit L’Express, tirant un parallèle avec certains travaux récents de journaux comme le New York Times (qui a publié une carte new-yorkaise du crime) ou du site web français Owni, qui illustre l’information via des graphiques.

C’est aussi à cette conclusion qu’arrive le dirigeant de Mediapart et ancien rédacteur en chef du Monde Edwy Plenel dans l’interview qu’il nous a accordé. (Voir l’article « L’Expert – l’interview d’Edwy Plenel »)

Juste un outil

C’est une vision simple de ce que peut être WikiLeaks. Une sorte d’agence de presse qui fournirait des informations différentes, que les réseaux habituels (les agences de presse, AFP, ATS, Reuters, etc.) n’auraient pas.

Cet avis est notamment celui du journaliste au journal les Echos Jean-Christophe Féraud. « C’est une arme pour tous ceux, journalistes ou citoyens, qui cherchent encore la vérité derrière le mirroir, surtout quand elle dérange. » 

Pour Edwy Plenel, c’est ce qu’ont pensé les journaux au début de WikiLeaks. « Et ce fut leur erreur, puis WikiLeaks se veut un partenaire », rappelle-t-il.

Un allié des journalistes

Une remarque qui revient tout le temps lorsqu’on parle de journalisme en lien avec WikiLeaks, c’est l’alliance que le site web a formé avec certains des plus grands journaux au monde (le Monde en France, El Pais en Espagne, The Guardian en Angleterre, Der Spiegel en Allemagne et le New York Times aux USA).

Une alliance pas du tout anodine. Le site web owni.fr résume bien la chose. « WikiLeaks a soudainement gagné ses galons de journaliste enquêteur là où il apparaissait jusqu’à présent comme un ovni éditorial faisant certes bouger les lignes de l’information mais aux intentions parfois difficiles à cerner. » (lire article)

Une alliance obligatoire donc, mais pas sans conséquence pour le site. Il gagne en visibilité – on parle beaucoup plus WikiLeaks grâce à ceci – et réalise donc de jolis coup de pub. Par contre, le site perd de l’argent et ne peut se financer puisque son propre site n’est à peu près jamais utilisé par le quidam sur Internet.

Ainsi, le journal berlinois Tageszeitung, repris par le Temps écrit : « De fait, les sites des journaux sont boostés, mais paradoxalement celui de WikiLeaks est celui qui profite le moins des informations publiées, les véritables bénéficiaires en sont les médias classiques ». L’explication : « WikiLeaks a compris qu’il ne servait pas à grand-chose de soumettre à l’intérêt de ses contemporains plusieurs centaines de milliers de documents. Ceux-ci doivent d’abord être sélectionnés et interprétés pour devenir lisibles. C’est donc le travail des journalistes qui fait le succès de WikiLeaks. Et tant pis pour ceux qui affirment que la presse perd de l’influence à l’ère d’Internet».

Ce qu’en pense WikiLeaks

Lorsqu’on demande à Julian Assange comment les journalistes voient-ils sont site et pourquoi ils peuvent les aider, il répond :

« Il y a deux aspects : ils nous perçoivent comme une organisation qui facilite ce qu’ils font. Mais ils nous voient aussi comme un cas limite, puisque nous travaillons dans les cas les plus difficilement publiable. Et si nous sommes défait par la justice, ils seront dans la prochaine ligne. Si WikiLeaks tombe suite à une action en justice, ce précédent pourra être utilisé le lendemain pour faire tomber nytimes.com ou l’allemand Spiegelonline. » (traduction libre depuis l’interview de Stephan Mey)

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