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avril 11, 2011 / matthieuhenguely

WikiLeaks: Qui? Quoi? Comment?

WikiLeaks, un nom que tous ceux qui suivent les journaux d’informations ont entendu une fois ou l’autre. Pourtant, à part de nom, la plupart des gens n’en savent guère plus sur ce que fait ce site web. Même constat pour les personnages: outre la figure emblématique de Julian Assange, les acteurs qui œuvrent pour WikiLeaks restent très anonymes, voir fantômes. D’où la pertinence de tenter une présentation plus complète de l’un des sites le moins apprécié de l’administration US.

WikiLeaks, c’est quoi ?

WikiLeaks.org est un site web dit « lanceur d’alertes ». En d’autre terme, un site qui recueille les informations qui y sont déposé (de manière anonyme et le plus sécurisée possible) par les Internautes (d’où le nom « wiki », système participatif), les traite puis les publie.

Le but est d’acquérir et publier ainsi des informations qui n’auraient aucune chance de sortir des administrations, organisations, armées, entreprises ou autres structures (les « fuites » donc, « Leaks » en anglais).

Qui se cache derrière WikiLeaks ?

Un visage symbolise le site web : Julian Assange, 39 ans, Australien. Les autres forces vives de WikiLeaks vivent cachées. « Les principaux membres du site ne sont d’ailleurs connus que par des initiales. Difficile de savoir qui travaille avec Julian Assange. Un mystère destiné à se protéger, dit-il, d’adversaires redoutables », écrit ainsi l’hebdomadaire L’Express en novembre dernier.

Il est dès lors difficile de formuler le moindre chiffre, mais quelques indices peuvent être trouvés à divers endroits. « Le groupe (réd : WikiLeaks) inclut des journalistes accrédités, des programmeurs, des ingénieurs en réseaux informatiques, des mathématiciens et d’autres personnes », peut-on ainsi lire sur la homepage de WikiLeaks. De plus, le fait que jusqu’en octobre dernier, WikiLeaks n’ait pas d’entité juridique connue (jusqu’à la création de «the Sunshine Press», une société basée en Islande) a également permis au site d’entretenir ce mystère.

Le site web owni.fr (site français de « datajournalisme ») osait une estimation de 5 employés bénévoles qui faisaient tourner WikiLeaks le 21 octobre dernier.  Un chiffre confirmé par Julian Assange lui-même lors d’une interview faite par un journaliste-bloggeur, Stefan Mey, le 4 janvier. « Il y a probablement 5 personnes qui font ça 24 heures sur 24. Et environ 800 qui travaillent occasionnellement », indiquait alors l’Australien.

Un second nom d’acteur de WikiLeaks est connu, celui d’un technicien allemand ayant travaillé 3 ans (2007-2010) avec l’équipe de WikiLeaks avant de la quitter suite à des problèmes relationnels avec Assange. Il s’appelle Daniel Domscheit-Berg (aussi connu sous le pseudonyme de Daniel Schmitt), a été porte-parole de WikiLeaks et a écrit récemment un livre sur WikiLeaks (« Inside WikiLeaks, my time with Julian Assange at the world’s most dangereous website »). L’Allemand s’est également allié à un autre ex-hacker de WikiLeaks, connu sous le nom de « l’Architecte », pour lancer un site web concurrent OpenLeaks.

Le journaliste François Pilet a écrit dans le journal le Temps un portrait de cet homme le 14 février dernier et on y apprend beaucoup sur l’équipe qui a fait tourner WikiLeaks. En voici un extrait :

« (Dans le livre) apparaissent des personnages surprenants, jouant des rôles clés dans les coulisses de WikiLeaks: l’Architecte, programmeur de génie malmené par Assange et qui a fini par tourner casaque avec Domscheit-Berg, le Technicien, un postadolescent impassible et mangeur de yogourts, ou encore la mystérieuse Nanny, archétype maternel «qui entrait toujours en scène lorsqu’il fallait se charger d’une tâche que Julian ne voulait ou ne pouvait pas assumer».

» Daniel Domscheit-Berg raconte comment le «système WikiLeaks» menaçait en réalité de s’effondrer (…). «Comment aurions-nous pu collaborer à cent alors qu’on était incapables de s’entendre à cinq?» tranche Domscheit-Berg. Fin 2009, le site ne fonctionnait pour ainsi dire plus. WikiLeaks reposait alors sur «deux serveurs hors d’âge, prêts à rendre l’âme», et l’équipe ne disposait plus de serveur de courrier électronique. »

Lien vers l’article complet.

En résumé: WikiLeaks est une petite structure d’environ 5 personnes menées par le charismatique Julian Assange, qui s’attire toute la lumière, permettant ainsi à ses troupes de travailler discrètement derrière. Mais l’incarnation de WikiLeaks par Julian Assange n’a pas que des bons côtés puisqu’à l’origine de tensions internes qui ont amené en tout cas une scission au sein de l’équipe.

Comment ça marche?

Comme ici pour le site FrenchLeaks, WikiLeaks propose dans son interface un onglet « Submissions » où les Internautes peuvent venir déposer leurs documents. N’importe qui peu soumettre des documents.

Malheureusement pour la « mission » de WikiLeaks, le site, victime d’attaques (fermeture décidée par un juge, attaques d’autres hackers, etc.) n’est pas toujours opérationnel (ainsi, il ne nous a pas été possible d’y accéder ce week-end du 9 et 10 avril par exemple).

Le système est donc simple, l’utilisateur qui possède des documents (et peut importe de quelle façon il se les est appropriés) peut les donner à l’équipe de WikiLeaks (ou désormais aux équipes des clones FrenchLeaks, OpenLeaks, etc.) simplement via cet interface, de manière anonyme, de façon à ce que les gens de WikiLeaks ne sachent pas non plus d’où vient l’information (et ainsi ne puissent trahir les lanceurs d’alertes s’ils sont embêtés par la justice).

Une fois les documents récupérés, l’équipe de WikiLeaks peut alors les traiter. Dans le cas de la vidéo « Collateral Murder » (l’assassinat de civils irakiens par un hélicoptère Apache, lien vers Youtube), l’équipe de WikiLeaks a incrusté à l’écran ce qui se disait en sous-titres et à inséré certaines informations (p.ex. l’identification du journaliste tué lorsqu’il apparait à l’écran) à la vidéo.

L’étape ultime est alors la publication. Sur le site-même, ou en donnant les documents traités (« visionnés » serait plus juste sur de nombreux cas où aucun intervention n’a été effectuée) aux journaux partenaires qui vont alors faire le véritable travail journalistique de croisement des sources, et tout ce qui est nécessaire afin de rendre l’information publiable.

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